L'histoire :
Quelques jeunes gens parlent à l’ombre clairsemée d’un baobab. Deux femmes pilent du manioc. Long travelling de la caméra qui entre dans l’intimité des concessions de ce petit village africain, perdu quelque part au coeur de la boucle du fleuve Niger. De jeunes filles en fleurs, parées de boubous aux couleurs chatoyantes, glissent doucement sur le sol de terre battue, portant au sommet de leur tête d’énormes fagots de bois. Elles sourient, coquines, d’un sourire généreux qui éclaire leur visage. Le décor est posé. L’histoire, quant à elle, se déroule à la fin du XIXe siècle. On murmure que Wend-Kuuni (Serge Yanago) serait à l’origine de tous les maux du village. En clair, depuis qu’il a été recueilli par la famille de Pughneere, sa soeur adoptive (Amssatou Maiga), il porterait la poisse. Orphelin de père et de mère, celui-ci ne semble que peu prêter d’attention à tous ces ragots : pourtant, il souffre, de cette souffrance intérieure qui tisse la toile du malheur. Un jour, sa soeur tombe à son tour gravement malade. Devant l’impuissance du guérisseur, Wend-Kuuni quitte son village à la recherche du seul sorcier capable de la délivrer de tous ses maux.
extrait d'un article de ZOE LIN in L'HUMANITE
Né en 1951 à Bobo-Dioulasso (Burkina Faso), Gaston Jean-Marie Kaboré obtient une maîtrise d'histoire à La Sorbonne avant d'étudier à l'Ecole Supérieure d'Etudes Cinématographiques (ESEC). C'est à la vision de Xala (1975), du réalisateur sénégalais Ousmane Sembene, qu'il envisage pour la première fois le cinéma comme un moyen d'explorer et de faire découvrir la culture africaine. Ill réalise son premier long-métrage au Burkina-Faso : Wênd Kûuni, (Le don de Dieu en 1982), récompensé par le César du film francophone ce qui lui vaut une reconnaissance internationale. Ce premier long métrage sera suivi de Zan Boko (1988), de Rabi (1992) qui remporteront également de très nombreux prix, et de Buud Yam (1997), Etalon d' Or du FESPACO 97.
Scénariste, réalisateur et producteur, Gaston Kaboré a par ailleurs réalisé plusieurs documentaires ainsi qu'un chapitre de Lumière et compagnie (1995), film choral pour les cent ans du cinématographe. Gaston Kaboré n'a cessé de promouvoir le cinéma africain, notamment en dirigeant le Centre National du Cinéma du Burkina (1977-1988) mais aussi en tant que secrétaire général de la FEPACI (Fédération Panafricaine des Cinéastes) entre 1985-1997. Il a fondé en 2003 l'Institut de Formation en Audiovisuel Imagine basé à Ouagadougou.
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