avec Larbi Benboudaoud, Stéphane Traineau, David Douillet...
Au sein de l'équipe de France de Judo, qui accepte pour la première fois une caméra, Larbi Benboudaoud, le grand favori prépare les Championnats du monde. Chaque jour, il affûte son corps et son esprit pour le combat.La concurrence est rude. Va-t-il conserver son titre ?
La réalisatrice, à la fois bluffée et séduite par l’équipe de France, et notamment par Larbi Benboudaoud, l’un des protagonistes de son documentaire, parle de sa rencontre avec le judo.
Quel est votre regard sur le sport ?
Je pense qu’il permet d’exprimer des valeurs morales sans passer par les mots. Dans le judo, l’une de ces valeurs est le contact. On va au contact de quelqu’un. Alors que dans la société actuelle on ne se touche pas, et que le contact est vécu comme une agression.
Dans le judo, vous êtes touchée par la force ou la fragilité du champion ?
J’ai eu envie de filmer des judokas que je trouve bien dans leur peau et qui sont des êtres humains accomplis, mentalement et physiquement. Ils ont une santé ! Il y a une dimension force physique mais qui n’est pas méchante. Et puis, je pense au public féminin, je les trouve assez sexy.
Votre immersion dans le sport de haut niveau vous inspire-t-elle d’autres projets ?
Je ne connais que le championnat de judo et je ne tiens pas à devenir l’apôtre des champions. Je pense simplement que les champions de judo sont des gens dont nous avons des leçons à apprendre, car ce sont des combattants qui savent à la fois perdre et gagner. C’est leur attitude face à la vie.
Cette attitude face à la vie semble avoir un écho particulier chez vous ?
La pratique du judo m’a effectivement apporté des choses dans mon développement personnel. Dans le milieu du cinéma, personne ne parle de ce qui ne va pas. Tout le monde est en pleine santé, au top de la forme et du succès, alors qu’on sait bien que la vie est un combat.
Dans votre discours, on sent une réelle affection pour vos protagonistes. Quel était votre parti pris d’origine et a-t-il été difficile à tenir ?
J’ai voulu être une petite souris. Pour cette raison, j’ai refusé que les judokas s’adresse à la caméra et j’ai résisté à mon envie d’intervenir.
Vous pensiez raconter l’histoire d’un succès collectif, mais le Mondial 2001 a surtout été marqué l’échec des Bleus, à l’exception du titre de Frédéric Demontfaucon...
C’est vrai, on pensait faire un film sur une victoire. Après Munich, il faut bien le reconnaître, les gens m’ont dit : tu n’as plus de film. Plus tard, un jour dans ma cuisine, j’ai pensé : ce n’est pas possible, tu n’as pas fait tout cela pour rien, et j’étais convaincue de l’intérêt du film, de cette réflexion plus profonde sur les athlètes.
Tatami vous a-t-il donné d’autres envie dans le sport ?
J’aimerais faire le professeur de judo, car je trouve que c’est un personnage important de la société civile. Ce film serait encore une fois quelque chose de très visuel, sans baratin.
Entretien réalisé par Marianne Behar |