FICTION
LA BELLE ET LA BETE
de Jean Cocteau
1946
100 min - France
N/B - 1,33 - Mono
Jean Marais - Josette Day
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Ce film fait partie du dispositif Ecole et Cinéma

L'histoire :

Quelque part au temps jadis, il était une fois un brave homme veuf et père de quatre jeunes gens. Une fille prénommée Belle, qui était aussi bonne et dévouée à son père que ses deux aînées étaient ingrates et chipies. Le fils, un sympathique bon à rien allait toujours flanqué de son ami Avenant, épris de Belle qui se refusait au mariage.
Un soir qu’il revenait à son foyer, le père s’égara et trouva refuge dans une demeure enchantée qui lui offrit dîner et repos. Alors qu’il repartait, il cueillit une rose pour Belle, déchaînant le courroux du seigneur des lieux resté jusqu’alors invisible. Un être fabuleux mi-homme mi-bête, qui le condamna soit à mourir soit à lui livrer une de ses filles… Ainsi commence le conte qui mettra la Belle en présence de la Bête, lui révélant du même coup l’irrésistible et mystérieuse puissance de l’amour.

Anecdotes de tournage (issues du site allocine.fr)

Le masque de la Bête
Jean Marais imaginait au départ une Bête à tête de cerf mais Christian Bérard lui démontra que la Bête devait effrayer, et ne pouvait être en conséquence un herbivore mais un carnivore. Le fameux masque fut confectionné par un grand perruquier parisien du nom de Pontet. Chaque poil était monté sur une toile de tulle divisée en trois parties que l'on collait sur le visage du comédien. Le maquillage, très pénible, prenait cinq heures chaque jour : trois heures pour le visage et une heure pour chaque main. Certaines dents furent recouvertes de vernis noir pour leur donner un aspect pointu, et les canines pourvues de crocs tenus par des crochets en or. Ainsi déguisé, Jean Marais put seulement se nourrir de purées et de compotes durant le tournage.

Merci Mme Paulvé
Jean Marais faillit refuser le film lorsqu'il sut qu'il serait masqué presque tout le film. Pour les mêmes raisons, et alors que la préparation était bien avancée, c'est le producteur André Paulvé qui voulut finalement renoncer au projet. Jean Cocteau proposa de faire un essai, et Jean Marais suggéra de choisir la scène la plus émouvante du scénario. La femme du producteur pleura à la projection et André Paulvé changea d'avis.

Banco pour Marais
Jean Marais demanda à André Paulvé de le payer 500000F de plus qu'à son dernier film, pour le punir de ne pas avoir payé son contrat du projet avorté de Juliette ou la clé des songes en 1941. Devant le refus de Paulvé, Jean Marais demanda finalement un pourcentage sur les recettes qui lui fit gagner au final bien plus que ses exigences.

Un célèbre assistant
L'assistant de Jean Cocteau sur le film est René Clément, qui n'avait à l'époque réalisé que des courts métrages ou documentaires. Parallèlement à La Belle et la Bête, il travaillait sur son premier long La Bataille du rail. Le film, sorti avant celui de Cocteau en février 1946, remporta le Prix international du jury et le Prix du scénario au Festival de Cannes 1946. Certains plans de La Belle et la Bête ont personnellement été tournées par René Clément, notamment les scènes du village de la Belle.

Influences picturales
Le monde de la Belle n'est pas photographié de la même façon que celui de la Bête. Les extérieurs du premier sont largement éclairés car réels. Et ses intérieurs sont influencés par les peintures des maîtres flamands et hollandais, surtout celles de Vermeer (1632-1675). Le monde de la Bête, sombre et mystérieux, se réfère quant à lui aux gravures de Gustave Doré (1832-1883), qui illustra notamment les contes de Perrault. "Je faisais mon film sous son signe" déclara Jean Cocteau.

Les châteaux du tournage
Les scènes de la maison de la Belle furent tournées au Manoir de Rochecorbon en Indre-et-Loire, et les extérieurs du château de la Bête au château de Raray près de Senlis.

Tourner dans le France de 1945
Le film se tourna dans l'immédiate après-guerre (du 27 août 1945 au 11 janvier 1946), où les conditions de travail n'étaient pas des plus confortables. L'équipe connut notamment des difficultés à trouver de la pellicule et souffrit de la restriction d'électricité, des pannes de courant ou encore de l'absence de lumière de studio. Elle dépendait le plus souvent de la lumière du jour. Jean Cocteau insistait d'ailleurs pour filmer sous toutes les conditions dans le but d'"évoquer la beauté qui vient par hasard". Lorsque la scène nécessitait plus d'éclairage, on utilisait des torches et des arcs de magnésium. Les déménageurs des décors travaillaient même souvent à la lumière des chandelles.


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