FICTION
LA CHAMBRE OBSCURE
Un film de Marie Christine Questerbert
Année : 2000
Durée : 107 mn
Version française.
Couleurs - 1,66
Pays : FRANCE
Visa 90820

QUINZAINE DES REALISATEURS CANNES 2000

Interprètes : Caroline Ducey,
Melvil Poupaud, Mathieu Demy, Sylvie Testud, Jackie Berroyer.

Au XVIVème siècle, en Roussillon, le comte Esnard, de santé médiocre, a confié son fils Bertrand à son médecin Gérard de Narbonne, afin qu'il élève avec sa fille Aliénor et son neveu Thomas.
Un jour un messager vient chercher Bertrand pour le mettre sous la tutelle du roi de France, car son père vient de mourir.
Très affectée par le départ de son compagnon de jeu, Aliénor demande à son père de l'initier à la médecine. Au cours d'une tournée, il lui fait part du mal dont souffre le roi, une fistule qu'aucun médecin ne sait guérir. Aliénor décide alors d'aller soigner le monarque.
Le roi hésite, et s'agissant d'une femme, fait d'examiner Aliénor par un conseil afin de juger sa santé mentale. Elle réussit pourtant à le sauver. Et pour la recomposer, il lui offre de l'établir avec un bon parti. Mais c'est la main de Bertrand qu'elle demande. Le roi les marie. Au retour des noces, Bertrand, qui a toujours été étranger à ce mariage, s'enfuit en Italie, laissant sa jeune épouse seule dans son château. Bertrand a d'excellentes raisons de se dérober-il ne l'a pas choisie et de plus, son éthique est de conquérir l'amour d'une femme et non d'être conquis.
Aliénor décide alors de se déguiser et se faire passer pour une autre. Bertrand la conquiert et l'aime. Aliénor tombe enceinte.Bertrand acceptera-t-il de reconnaîitre en elle la mère de l'enfant qu'elle porte ?

Assurément Marie-Christine Questerbert n'a pas choisi la facilité. En adaptant avec une grande liberté scénique une nouvelle du Décameron, elle offre un premier long métrage exigeant pour les uns, prétentieux pour les autres. Il serait rapide de dire que Marie-Christine Questerbert n'est que peu soucieuse de la fidélité de la reconstitution historique. A l'instar du Lancelot du Lac de Robert Bresson, La Chambre obscure opte pour une stylisation décalée des décors et des costumes. Ces options esthétiques sont parfaitement assumées dans chaque plan, les couleurs criardes (notamment ce bleu azur royal) en étant une des illustrations la plus criante.
Si ce parti pris radical peut faire hésiter l'indécis entre premier et second degré, il confère au film une étonnante unité, lui donne ce ton si léger qu'on rit de l'intrusion anachronique de certains éléments (le fauteuil roulant du roi Berroyer, les gants de latex des bonnes soeurs) et du cocasse des scènes (l'apparition fantomatique de Demy en armure complète, les pustules de Caroline Ducey...).



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